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100 ans de progrès. Ou presque…

A ma gauche, papy, en pure galalithe, rétractable en 3 parties, garanti 100% analogique. Période environ début XXème :

A ma gauche, papy, en pure galalithe, rétractable en 3 parties, garanti 100% analogique. Période environ début XXème :

On peut estimer qu’à l’époque (autour de la 1ère guerre mondiale), ce cornet était vendu autour de 20 francs (anciens francs donc), ce qui donne aujourd’hui un prix équivalent de 60 à 70€.

Voici le gain d’insertion obtenu avec cet accessoire (ah! le bon temps où l’on pouvait tester les appareils avec un bruit rose, sans avoir rien à désactiver !) :

Un gain d’insertion de quasiment 30dB à 1500Hz et 10dB à partir de 3kHz. Pas mal pour l’objet préféré du Professeur Tournesol ! Notez au passage la bande passante jusqu’à 8000Hz (au moins !) : impossible aujourd’hui…

Voici le gain total, quand même, de l’engin :

Ca résonnait certainement un peu, mais qualité du son garantie pure 100% analogique !

A ma droite, pur produit d’un nouveau genre : le PSAP (alias « assistant d’écoute »), fabrication 100% en RPC, tout numérique :

Un SONETIK Go Hear acheté par correspondance (copie d’écran du 14/10/2016). Comme le dit leur site, « Focalisé sur le langage, étouffe les bruits parasites (deux micros) » :

Nous allons bien voir cela…

Soyons fous, tentons de le proposer à ce patient présentant cette surdité :

Voici le résultat in vivo de son programme 3 (il n’est pas réglable, mais il a 4 programmes…) :

Pas mal, pas mal… Vous noterez au passage que cet amplificateur atteint 100 et 102dB SPL à 1 et 2kHz; on est totalement hors de la légalité à ces niveaux.

Il n’a pas d’aigus, bien moins que son ancêtre le cornet, mais au moins pas de larsen !

Il a même un micro directionnel fixe :

3 à 4dB de FBR (Front to Back Ratio), le minimum syndical.

Il a un réducteur de bruit (si, si !!!) :

10 dB de RB après 30 secondes de babble à 70dB SPL. Mazette ! Mais alors, ce serait la qualité à prix low cost ? La quadrature du cercle en fin de compte ?

Voici son comportement dans le bruit, de -10dB à +10dB, NFIMfrench (voix française de l’ISTS) à 0° et Babble ISTS à 180° :

Cet appareil n’améliore en aucune façon le RSB, en tout cas dans une condition de test Voix devant et Bruit derrière, puis extraction du RSB par méthode de séparation Hagerman&Olofsson.

Il dégrade même le RSB, ce qui est très classique pour un pur traitement numérique du signal. Ce qui est plus surprenant, c’est qu’il n’améliore rien malgré la directivité fixe et le réducteur de bruit. Son traitement du signal (s’il en a un), ou plus probablement sa compression ou son réducteur de bruit, sont très délétères.

Revenons à notre ancêtre le cornet, 100 ans plus tôt :

Quitte à être joueurs, soyons joueurs jusqu’au bout et testons cet engin dans les mêmes conditions que le Sonetik.

Son ouverture à la Professeur TOURNESOL bien en face du locuteur (signal = NFIMfrench) et tournant le dos au bruit (babble de 4 ISTS) sur les 2 HP arrières : inutile d’avoir fait polytechnique pour imaginer que l’on a un système directionnel de chez directionnel !

Oui, mais me direz-vous, le Sonetik lui aussi était directionnel, avec en plus un réducteur de bruit… ça n’est pas juste ! ça n’est pas équitable !

Le test du cornet :

Vous avez bien vu, vous avez bien lu : ce cornet de la première guerre mondiale, avec sa grosse amplification et son « hyper-directivité » améliore le RSB de 3,8dB !!!! Ce pur produit d’avant-guerres est donc supérieur de 4dB en amélioration du RSB à l’assistant d’écoute SONETIK !!!!!

Ecoute, à RSB -5dB en entrée (fichiers .ogg) :

Le Sonetik :

https://leblogaudiologie.com/wp-content/uploads/2019/12/f3a12-4_sonetik_mes_snrm5_spn.ogg?_=1

Le cornet :

https://leblogaudiologie.com/wp-content/uploads/2019/12/d2170-4_cornet_mes_stereo_snrm5_spn.ogg?_=2

 

Il est clair que le réducteur de bruit, associé à une compression totalement destructrice, écrête totalement l’information potentiellement émergente du bruit dans le cas de l’assistant d’écoute SONETIK.

Conclusion(s)

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